Une petite histoire pour passer le temps?

22 octobre 2007

Introduction, ou pourquoi ce blog.

Pourquoi ce blog, pourquoi pas un skyblog rempli d'articles du type "alors ca c'est ma meuf, on délire grave notre race"?
Réponse: mes nerfs fragiles n'auraient pas tenu sous l'avalanche de futilité automatiquement entraîné par ces domaines inutiles réservés aux jeunes boutonneux prépubères en manque de considération sociale.

JE PLAISANTE!
Disons que j'avais envie d'autre chose.

PBUourquoi des textes, des histoires, des mini pièces de théâtre?
Réponse: parce qu'il n'y a que ça que je sache vraiment faire. On dit que monter sur scène, c'est se mettre nu. Ecrire, c'est encore pire. Vous n'aurez pas un récit de ma vie: vous aurez mes pensées les plus intimes, mes visions profondes du monde qui nous entoure. Alors ne râlez pas que ne mets rien de personel: c'est ma personne elle même que je vous offre.

J'adore offrir mon corps

PS: ne trouvez pas qu'il est difficile de trouver des couleurs potables pour écrire sur un blog? je veux dire sans trop se fatiguer?... genre vous ne trouvez pas que celle ci est moche? Moi si.
PPS: la photo n'a rien à voir... mais je l'aime bien.

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Rue

Une voix

Il est minuit et tout est calme !! Il est minuit et tout est calme !!!

Rue des Milles Horizons, il est minuit et rien ne bouge.

Seul dans l’ombre, une silhouette se dessine.

Sans forme, triste et sombre, elle titube, chancelle, vacille, s’écroule.

Sur les allées d’asphalte brûlant, un cri, une larme, versée à la sauvette, un enfant qui pleure. Un amour qui traîne dans la rue, un amour qui boude, un manque de volonté.

Des notes grinçantes et des accords burlesques, un cirque triste.

Sans aucun but, un espoir qui erre, une vie qui se termine, une autre qui commence.

Un chant funèbre, un rire cristallin et c’est le silence.

Le temps passe, les hommes aussi, sans un regard pour ces immortelles cathédrales de diamant.

Un rêve qui s’allume, un cœur qui pleure, et tout au bout du chemin,

une brume triste qui s’attache…

Rue des Milles Horizons, il est minuit et tout est calme.

ruep_lounuitLa voix disparaît.

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Ces gens là

Une rue. Sur un banc, un clochard. Un habitant qui sera soit sur son pas de porte soit (si possible) à sa fenêtre.

On entend du bruit venant des coulisses, des cris, de la musique...

Au départ, il n’y aura que le clochard sur la fenêtre. Mais le bruit augmente en intensité et tout à coup, une jeune femme sort de chez elle ( fenêtre ou porte) et crie :

La Femme : C’est pas bientôt fini oui ?

Le bruit se calme.

Le clochard : Je suis d’accord avec vous madame !

La femme se rend compte de la présence du clochard qu’elle n’avait d’abord pas vu.

La Femme : Bonjour Monsieur.

Le clochard : Bonjour Madame !

La Femme : Vous êtes d’accord avec quoi ?

Le clochard : Avec le fait que ces touristes sont de plus en plus gênants !

La femme : Vous habites là depuis longtemps ? Enfin, je veux dire…

Le clochard : Oh, ça fait bien une dizaine d’années que je squatte le quartier, c’est un peu comme une maison géante pour moi ; donc oui, ça fait longtemps que j’habite ici. Et croyez moi, je vous comprends quand vous dites que les touristes sont de véritables plaies !

La Femme : et comment ! Lorsqu’ils arrivent dans un lieu qu’ils ne connaissent pas, ils se croient tout permis !

Le clochard : Tout à fait ! Depuis ce matin, c’est bien la douzième voiture qui passe avec le conducteur qui téléphone au volant !

La Femme : Moi je ne téléphone jamais au volant, de toute façon, il ne répond pas. Mais le pire de tout c’est quand il arrive des cars de touristes pleins, et qu’ils viennent se bourrer la gueule dans NOS bars et dégeulasser NOS rues !

Le clochard : Ca c’est vrai ! Mais bon, parfois, y en a qui ont des bonnes raisons de boire !

La femme : Moi je ne bois pas, je mange !

Le clochard : C’est normal, les femmes mangent pour oublier. Oublier que leurs maris boivent. Qu’ils boivent pour oublier. Oublier que leurs femmes sont laides.

La femme : Votre femme est laide ?

Le clochard : Non, moi je bois pour oublier que je bois pour oublier que suis à la rue.

La femme : Vous n’avez pas de travail ?

Le clochard : On dit toujours « quand on veut on peut ». J’ai toujours voulu avoir du travail, mais j’ai dû rester trop longtemps au soleil pour que les patrons me donnent plus d’un rendez vous d’embauche.

La femme : C’est révoltant ! je ne pensais pas que le racisme sévissait si près de nous.

Le clochard : La misère, c’est un crime contre l’humanité qui fait trop de victime.

La femme : Mais il faudrait faire quelque chose !

Le clochard : C’est impossible ma petite dame, c’est un crime où il y a trop de criminel.

La Femme : J’espère quand même que ça changera un jour.

Le clochard : Moi aussi

La Femme : Au fond, c’est débile d’espérer. Il faudrait mieux agir.

Le clochard : Oui, c’est vrai, mais quand on ne peut pas agir, il faut toujours espérer. L’espoir nous fait tenir debout. L’espoir, c’est ce qui restera quand les actes disparaîtront avant que la mort ne gagne.

La Femme : Les gens qui vivent dans des pays en guerre doivent en avoir beaucoup, de l’espoir.

Le clochard : On dit que quelque part loin il y a la guerre, mais la véritable guerre, elle est ici, elle est chaque jour, sans répit, on se bat contre la mort. La véritable guerre c’est celle de tous les jours, que nous impose notre existence.

La Femme : C’est beau ce que vous dites.

Le clochard : Vous dites que c’est beau parce que vous ne l’avez jamais vécu. Vous l’auriez vécu que vous trouveriez ça vrai.

La femme : Ca peut être beau et vrai.

Le clochard : Non ! La vérité n’est ni belle, ni laide. Elle est la vérité. La vie est un combat de chaque instant.

La femme : J’ai entendu une phrase un jour qui disait : « la vie est un combat, accepte le ».

Le clochard : Eh bien, je ne sais pas qui à dit ça, mais c’est quelqu’un de grand qui à dû vivre des sacré galères.

La Femme : Vous avez vécu des sacrées galères vous ?

La clochard : Trop pour pouvoir encore rêver d’un avenir meilleur !

La femme : Mais alors, vous avez perdu l’espoir ?

Le clochard : La haine, la tristesse, la violence et la résignation sont notre quotidien. Qui nous fera rêver ?

La femme : Mais, et cet espoir ? Vous l’avez donc perdu ?

Le clochard : Non. Mais je n’espère pas en moi.

La Femme : En qui alors ?

Le clochard : En vous, en les enfants que je vois passer… j’espère surtout en les enfants. Ils sont notre futur. J’espère qu’ils feront de grandes et belles choses.

La femme : … … … vous avez des enfants ?

Le clochard : Non. Malheureusement. Et vous ?

La femme : Oui. Trois.

Le clochard : Un bon nombre. Je place beaucoup d’espoir en eux.

La femme : Merci.

Le clochard : Bon, j’ai beaucoup parlé, les touristes arrivent, je vais devoir jouer mon petit numéro du mendiant…

La femme : Ca ne vous embête pas de mendier ? Je veux dire…

Le clochard : Oh, vous savez, au bout d’un certain temps, on oublie son orgueil.

La femme : C’est le début de la déchéance ?

Le clochard : Je ne sais pas. Je préfère ne pas savoir. Bon, ce n’est pas que vous m’importunez, mais je préfère ne pas avoir un public ami lorsque je mendie.

La femme : Question d’honneur ?

Le clochard : Vous parlez avec de trop grands mots pour moi. Je vous dis juste que je préfèrerais que vous n’assistiez pas à la scène…

La femme… Très bien. Alors, au revoir monsieur… Monsieur comment, au fait ?

Le clochard : Bah, laissez tombez, mon nom ne vous dira rien, et ne servirai à rien. Les noms ne sont qu’une image, une façade.

La femme : Alors au revoir, mon bon Monsieur.

Le clochard : Au revoir ma petite dame.

La dame rentre chez elle. Le clochard se lève et avisant un groupe de touriste part mendier.

esclavenoir

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SOLDES!!!

Dans une rue. Lui et Elle. Lui s’ennuie royalement !

Elle : Mais t’es sûr ? T’es sûr que tu veux m’accompagner ?

Lui (ça le soûle) Oui, bien sûr !

Elle : Bon, ben, on y va…

Lui : (en la rattrapant) Attend !

Elle : (exaspérée) Quoi encore ? !

Lui : Tu dois vraiment y aller ?

Elle : Ecoute, aujourd’hui c’est les soldes ! TOUTES les filles ont pour tradition de déferler par vague successive dans les différents magasins de la ville. Je ne peux donc pas ne pas y aller ! Mais par contre, toi, tu n’es pas obligé d’y aller.

Lui : (ça l’emmerde royalement) Non, c’est bon je t’accompagne.

Elle : Bien, alors allons y. Et cette fois, il est absolument hors de question que tu partes avec mes vêtements quand je suis encor dans la cabine d’essayage.

Lui : Je t’ai dit que j’étais désolé !

Elle : Hors de question aussi que tu essayes de me semer dans les rayons des magasins ou que tu te caches dans les toilettes pour dames comme la dernière fois.

Lui : C’était une erreur ! Je pensais que c’était des toilettes pour homme.

Elle (comme si elle n’avait pas entendu) Autant te dire aussi que tu n’as vraiment pas intérêt à déambuler avec des sous vêtements féminins sous prétexte qu’ils sont plus agréables !

Lui : Mais c’était vrai !

Elle : Peut être, mais visiblement le vigile n’était pas d’accord. Donc fini les parties de rigolade du genre : tiens si j’essayais de défaire toutes les paires de chaussettes du magasin pendant que ma copine tourne le dos.

Ou alors : Tiens, si je m’amusais à draguer la caissière pour rendre ma petite amie jalouse.

Un silence

Lui : tu m’en veux encore pour la foi où j’ai chatouillé une vieille jusqu’à ce qu’elle crache son dentier sur une caissière ?

Elle : Evidemment que je t’en veux ! Maintenant tout le monde sait que ma mère à un dentier ! Et arrête de la traiter de vieille.

Lui : …

Elle : Bon, allé, viens, on y va. Et pas de blague cette fois.

Lui : Non, je te le promets.

Et ils s’en vont.Mercado_modelo

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Il était une fois

Un chœur,  Le vendeur de journaux, la petite fille aux allumettes. Le chœur servira de conteur. La  scène se passe dans la rue. Le chœur est réparti sur la terrasse d’un café. Il est composé d’un minimum de trois personnes. Il sera le conteur de l’histoire.

Le chœur : Il était une fois.

                  Il n'y a pas très longtemps.

                  Dans un lieu pas si éloigné.

Chœur 1 : C’était d’ailleurs en ce moment même.

Chœur 2 : Et ici.

Chœur 3 : Oui.

Le Chœur : Il est maintenant une histoire que nous allons vous conter.

Chœur 3 : Je vois un homme. Ou plutôt un garçon. Il a des grandes feuilles à la main, et il hurle.

Le vendeur de journaux qui est sur la scène depuis le début mais immobile se met en mouvement.

LVDJ : Journal du jour ! Achetez le journal du jour. 2 euros le journal mesdames messieurs, des nouvelles fraîches de matin.

Chœur 2 : Je vois une femme. Ou plutôt une petite fille. Assise, prostrée. Elle tient des drôles de boites. Elle parle, mais moins fort.

Mise en mouvement de la petite fille aux allumettes. Elle est comme décrite, et propose, à des passants invisibles des allumettes.

LPFAA : Allumettes. Quelqu’un veut-il des allumettes ? Achetez moi des allumettes. Je vous en supplie !

Chœur 1 : Quels drôles de personnages ! Nous qui avions l’habitude des princes et des princesses.

Chœur 3 : Les princes et les princesses n’existent que dans les contes.

Chœur 2 : Je croyais que la vie était un rêve.

Chœur 1 : Ca n’a pas d’importance. Ecoutons les plutôt.

Les deux personnages reprennent leurs appels aux passants invisibles. Au bout d’un moment :

Chœur 3 : Y a pas à dire, ils sont étranges.

Chœur 1 : ils gaspillent beaucoup d’énergie à rien.

Chœur 2 : En même temps, on dirait qu’ils jouent leur vie dans ces papiers et ces boîtes.

Le Chœur : Reprenons la narration.

                    Ils ne se connaissaient pas.

                    Le Prince presque charmant

                    Et la presque princesse étaient dans la rue

                     Hors le hasard vint à les faire rencontrer.

Reprise du mouvement des deux personnages.

LVDJ (A LPFAA) : Eh bien, ma petite, j’ai pas l’impression que ton commerce marche mieux que le mien !

LPFAA effrayée : Qui êtes vous ?

LVDJ : Moi ? Je suis le vendeur de journaux. Je passe ma journée à ça, histoire d’avoir de quoi manger. Mais aujourd’hui ça ne marche pas bien. Je vais encore être obligé de me servir au marché.

LPFAA : …

LVDJ : Me regarde pas comme ça, je vais pas te manger !

LPFAA : Je ne peux pas parler aux inconnus.

LVDJ : Eh bien, tu ne vas pas réussir à vendre grand-chose.

LPFAA : Tu veux m’acheter des allumettes ?!

LVDJ : Ca aurait été avec plaisir mais je n’ai même pas assez de sou.

LPFAA ( déçue) …

LVDJ : Mais toi non plus tu n’as pas l’air d’avoir bien mangé, ou du moins pas plus que moi !

LPFAA : Absolument pas convaincante : Si, j’ai mangé.

LVDJ (étonné) Et ces marques ! Tu as été battue ?

LPFAA : Non !

Elle s’enfuit. LVDJ la poursuit. S’ensuit un jeu de chat et de souris au travers de la scène. A la fin, le vendeur attrape la petite fille dans ses bras. S’ensuit un long silence. Ils sont figés.

Le chœur : Et c’est là que tout se passe.

Chœur 1 : Car ils viennent de tomber amoureux.

Chœur 2 : L’un de l’autre.

Chœur 3 : Ca aide.

Chœur : Il est maintenant

              Un vendeur de journaux

               Une petite fille aux allumettes

               Qui tombèrent amoureux l’un de l’autre.

Chœur 2 : Belle histoire en vérité.

Chœur 3 : Mais ce n’est qu’une histoire.

Chœur 1 : C'est-à-dire ?

Chœur 3 : Que la réalité rattrape les histoires.

Chœur 2 : Comment ça ?

Chœur 3 : Vous allez voir. A-t-on le droit de faire un bond dans le temps ?

Chœur 2 : Non.

Chœur 3 : Tant pis. De toute façon, c’est déjà trop tard.

Chœur 1 : Trop tard pour quoi ?

Chœur 2 : Chut ! Ecoute. Ils se disputent déjà.

Reprise des mouvements des personnages. Ils se repoussent mutuellement.

LPFAA : Je te hais.

LVDJ : Laisse moi.

LPFAA : Tu n’es qu’un pouilleux misérable.

LVDJ : Silence, insolente. Tu ferais mieux de retourner à la rue.

LPFAA : Arrête, tu ne vaux pas mieux. Menteur, traître, voleur, arnaqueur…

LVDJ : Laide, Repoussante, Inutile…

Le Choeur : STOP

Chœur 1 : On arrête tout.

Chœur 2 : C’est trop triste.

Chœur 3 : Mais c’est la réalité !

Chœur 2 : Eh bien la réalité est trop triste.

Chœur 1 : Pourquoi quand on dit le mot « réalité » les gens pensent que c’est triste. La réalité peut être belle.

Chœur 3 : Eh bien là, elle ne l’est pas !

Chœur 1 : Mais elle peut le devenir.

Chœur 2 : Comment ça ?

Chœur 3 : Je crois que je comprends. La réalité est ce qu’on en fait

Chœur 1 : Oui. Reprenons.

Le Chœur : Il est maintenant

                    Un Prince presque charmant

                    Et une presque princesse

                    Qui s’aimaient beaucoup

                     Mais la réalité est ce qu’elle est.

Chœur 1 : Ils se disputèrent.

Chœur 2 : Se déchirèrent.

Chœur 3 : Mais l’amour, plus fort que tout le rassembla.

Chœur 1 : Ensemble, ils ne sortirent pas de la misère.

Chœur 2 : Mais ils vécurent heureux.

Chœur 1 : A trois.

Chœur 3 : A trois ?

Chœur 2 : Lui

Chœur 3 : Elle

Chœur 1 : Et le bonheur.

Au fur et a mesure de la dernière discussion, le couple se sera rapproché et ils seront de nouveaux dans les bras l’un de l’autre à la fin.

Boipeba

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Triste histoire...

Eux, enlacés. Une sorte de tristesse se dégage de la scène. Au bout d’un moment, l’homme se dégage violemment, tristement. Il semble déchiré.

Ermitage2

Lui : Bon, j’y vais.

Elle : Tu dois vraiment y aller ?

Lui : Ben, pas trop le choix…

Elle : Tu reviendras ?

Lui : Il tourne la tête…Je ne sais pas…

Elle : tristement, doucement : Ne me laisse pas !

Lui : Je ne sais pas…

Elle : Reste avec moi…

Lui : je ne peux pas ! Je n’ai pas le choix !

Elle Suppliante : Dis moi au moins que tu reviendras…

Lui : Je reviendrais.

Elle :…

Un silence.

Elle : tu mens. Tu ne crois pas ce que tu dis. Tu ne reviendras pas.

Les répliques suivantes seront dites rapidement.

Lui : Je t’aime.

Elle : Alors reste.

Lui : je ne peux pas.

Elle : Alors tu ne m’aimes pas.

Lui : Tu me demandes trop.

Elle : Aimer, c’est trop pour toi ?

Lui : Tu es trop possessive.

Elle : C’est toi qui ne penses pas à moi !

Lui : Au contraire j’y pense trop ! Tu es une plaie !

Elle : …

Elle le regarde et ne comprends pas. Elle est interloquée. Il la regarde, et comprend qu’il est allé trop loin.

Lui : Je… pardon…

Elle : Non, laisse moi !

Lui : Non, pardon, excuse moi je ne le pensais pas.

Elle : eh bien tant pis ! Tu n’avais qu’à penser ! Vas-t’en maintenant. Je te hais. Pars.

Lui : Non !

Elle : Si, pars ! pars et fais toi oublier.

Lui : Non !

Il la prend violemment dans ses bras.

Elle : Lâche moi !

Elle le rejette avec une force insoupçonnée.

Elle : Va-t-en. De toute facon tu ne m’aimes pas !

Lui : Si ! Justement.

Elle : Tristement, doucement. Alors pars. Pars et laisse moi. Pars en étant cruel, et laisse moi t’oublier. Vas-t-en en ne m’aimant plus, et laisse moi en aimer un autre.

Lui …

Il la regarde, puis  s’en va. Une fois qu’il est parti, elle va s’asseoir et allume une petite radio.

La radio : Et toujours l’état général dans tous le pays. La guerre est maintenant déclarée depuis plus de 24h , les hommes valides sont au fur et à mesure envoyés sur le front. Nous vous rappelons que l’engagement militaire est obligatoire pour toutes les personnes en état de servir la patrie. D’avance merci de votre collaboration. Et maintenant écoutons nos spécialistes qui vont nous donner toutes les raisons qui vont faire que cette guerre sera courte. D’avance, nous pouvons vous dire que la guerre sera gagnée d’ici à quelques semaines, inutile donc de….

Le son de la radio diminuera au fur et a mesure, en même temps que la lumière. La jeune femme restera appuyée sur une table, ou couché sur un banc, prostrée.

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Ah... ces hommes

voitureSanfraciscoSur une chaise un homme. Arrive un autre avec une petite fille imaginaire à la main. Le premier homme se lève ! Il va parler, mais le deuxième le stoppe d’un geste.

L’oncle : Attends ! Elle n’est pas de moi !

LE pote : Ah bon, D’accord… Mais alors c’est qui ?

L’oncle : La fille de ma sœur.

Le pote : Ah ?! Je savais pas qu’elle était mariée…

L’oncle : Moi non plus.

Le pote : Ah.

L’oncle : Mais en attendant, elle m’a refilé la gamine. Et je peux te dire que ce n’est pas facile. Elle pleure tout le temps !

Le pote : C’est normal ! Les enfants Ca pleure toujours tout le temps ! C’est pour ça qu’ils boivent autant. Parce qu’après, ils éliminent.

L’oncle : Ben, en attendant, je trouve qu’elle élimine vachement par les yeux et j’ai pas encore trouvé le bouton « arrêt » !

Le pote : contacte le service des eaux !

L’oncle : …

Le pote : C’était une blague !

L’oncle : en attendant, je sais pas comment faire pour l’arrêter quand elle pleure !

Le pote : Eh bien, tu pourrais la bercer doucement…

L’oncle : T’es malade ?! C’est peut être contagieux !

Le pote : Qu’est ce qui est contagieux ? Elle n’est pas malade !

L’oncle : T’en es sûr ? Tu connais la mère ?

Le pote : Bien sûr que non !

L’oncle : Alors ! Si ça se trouve, elle est atteinte d’un truc horrible et contagieux !

Le pote : Le seul truc horrible que je vois ici c’est ta stupidité !

L’oncle : trêve de compliments ! Qu’est ce que je fais avec elle ?

Le pote : Tu peux l’amener au zoo…

L’oncle : J’ai essayé mais ils en on pas voulu.

Le pote : Je parlais de lui faire visiter, pas de la donner.

L’oncle : Oh… pardon !

Le pote : Ou alors le cinéma…

L’oncle : J’ai essayé mais elle a pas 18 ans.

Le pote : Tu va voir quoi comme genre de films, exactement ?

L’oncle : Normalement sa mère doit venir la rechercher, mais je sais pas quand.

Le pote : Forcément, ça aide pas !

L’oncle : Si ça se trouve, elle va essayer de me la refiler !

Le pote : Mais non ! Au pire, tu l’emmènes à la SPA…

L’oncle : Je croyais que c’était pour les animaux.

Le pote : Je pense qu’ils acceptent aussi les humains jusqu’à un certain âge.

L’oncle : AH bon ?

Le pote : Essaye toujours.

L’oncle : je suis pas sur que la mère soit d’accord. En même temps, c’est soit ça, soit à chaque fois qu’elle pleure elle s’essuie sur mon pantalon.

Le pote : Bah, ca va encore, c’est pas trop grave…

L’oncle : Pas trop grave ! Un pantalon tout neuf !

Le pote : Ce que tu peux être matérialiste !

L’oncle : Ouais, ben matérialiste ou pas, moi plus tard j’aurais des poissons rouges !

Le pote : c’est vrai que c’est pas mal !

L’oncle : Ben ouais, t’as pas à le sortir, ils font pas de bruit, ils renversent pas la bouffe partout, ils te réveillent pas en pleine nuit, ils sont pas trop encombrant… Repos quoi !

Le pote : En plus, si tu mets de la javel, ils changent de couleur !

L’oncle : Ah ouais ?!

Le pote : oui ! J’ai fait ça à tous les poissons de ma femme !

L’oncle : Tu crois que les gamins aussi ils changent de couleurs ?

Le pote : Je sais pas, les miens sont tous morts.

L’oncle : Tes gamins ?

Le pote : Non, mes poissons.

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TEMPS

- J’ai vécu. Vécu comme on vit, sans prendre conscience. Sans prendre conscience de ce temps qui passe. Qui passe et qui nous bouffe, qui nous tue à petit feu. Un feu alimenté par le bois des envies, des désirs, des tourments. Car la vie c’est une course, une course contre la montre, où nous courons dans l’espoir d’atteindre une chose impossible. La mort nous rattrape et le temps nous dépasse, les hommes et les femmes meurt et naissent dans l’innocence parfaite de ce qu’est le bonheur.

- Vous ne croyez pas au bonheur.

- Le bonheur, c’est une invention de l’être humain, pour courir plus vite. Mais il s’essouffle, notre bête à deux pattes. Il s’essouffle et s’épuise. C’est un homme à la mer sans bouée, un triste fantôme qui erre sans but.

- Vous n’avez pas de rêves ?

- Les rêves, c’est comme le bonheur. C’est idéaliste, inatteignable ! On rêve, on perd le sens du présent, on pense le futur et on oublié le passé ! Le passé, ça existe, c’est réel ! Il faut regarder son passé ! Et comme on a tous un sale passé, ça fait mal, ça ramène à la réalité, et la réalité, c’est bien !

- Le passé, on vit avec, on ne s’apitoie pas dessus. On l’accepte, et avec, on construit le futur.

- Construire le futur ? Vous êtes un de ceux qui croient que le futur peut être meilleur que le présent et le passé ? Le passé, c’est du présent déjà vécu. Les gens devraient regarder le passé et voir que ce qu’il va leur arriver ne changera pas beaucoup de ce qu’ils ont vécu. S’ils ont foiré leur passé, ils foireront leur avenir !

- Non ! Le passé s’accepte, les difficultés se surmontent, les gens se battent pour vivre ! Si la vie ne valait pas la peine, on ne la vivrait pas !

- Mais on ne vit pas ! On boit, on fume tout et n’importe quoi pour fuir ce qui s’appelle la vie, et qui est si dur !

- Mais certains se battent !

- Et alors ? Ils meurent tous, non ?

- C’est beau de mourir ! Si on ne mourrait pas, on n’aurait aucun but dans la vie ! Mourir permet d’avoir un ultimatum avant lequel réaliser ses rêves !

- Et pour les autres ? Je veux dire tout le monde a part les 2 personnes sur terre qui se battent pour leurs rêves !

- Il y en a plus que deux ! Et puis les autres, et bien, je crois qu’il sont tristes.

- Alors, ça vous pouvez le dire !

- Non, je veux dire… triste de ne pas rêver. Ce sont des morts. Ce qui fait vivre, c’est l’amour, les rêves, les projets. C’est ce qui nous fait tenir debout. Ceux qui ne rêvent plus, qui n’aiment plus, ceux-là sont morts.

- Alors la terre serait un enfer : plein de morts qui s’enfoncent.

- Qui attendent d’être sauvés.

- Sauvés par vous ?

- …

- Ou par Dieu ?

- …

- Encore une sacrée invention, que Dieu.

- Vous ne croyez ni en les hommes ni en Dieu.

- Je ne crois qu’en ce que je vois.

- Vous pourriez au moins croire en l’homme.

- Vous croyez en Dieu ? Vous êtes un fou. On devrait vous mettre dans un musée, rayon Moyen Age ! Dieu n’existe que pour les esprits primitifs.

- Le blasphème ne changera rien. Je crois que vous-même êtes heureux d’avoir une personne à qui parler quand tout autour de vous est plongé dans la noirceur.

- Mais j’ai ! J’ai mon psy ! Dieu, le psy pour les incrédules.

- Vous êtes triste. Vous ne croyez en rien et perdez les pédales.

- Je suis lucide, j’ai les yeux ouverts !

- Vous avez les yeux ouverts mais vous regardez un mur. Forcément, la vue n’est pas des plus réjouissantes.

- Un mur opaque et solide vaut mieux qu’un monde clair fabriqué sur des espoirs qui ne seront jamais réalisés.

- Vous êtes déjà mort.

- Bien sûr ! Mais vous aussi !

- Non, moi je suis bientôt mort !

- Vous m’expliquez la différence ?

- Entre maintenant et le moment de ma mort, je vais vivre. Je vais rêver, aimer, penser, rire. Je construirais mon futur pierre après pierre, à la sueur de mon front. Et je mourrais heureux.

- Vous rêvez encore je vous dis !

- Alors adieu. Nous verront, nos chemins se séparent ici. Je vous quitte mais à regret. Le temps est passé, et vous êtes toujours d’une grande tristesse. J’espère qu’un jour, peut être, quelqu’un vous rendra le sourire.

- C’est ça, on lui dira. 

rayonazul

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Bonjour mesdames et messieurs

Et toujours une rue. Deux bonhommes habillés de façon trop laide. Ils distribuent des papiers pour un club de danse, histoire de faire un peu de publicité. Ils abordent les passants qui seront invisibles tout au long de la scène.

marcos_bateleur

Type 1 : Bonjour madame, nous distribuons des tracts pour promouvoir notre nouvelle école de danse… Vous n’avez pas le temps ? Vous avez des enfants ? ( il éclate de rire) Vous ?! ( il se prend une baffe.)

Type 2 : Bonjour monsieur, nous distribuons des tracts pour… quoi ? ça pollue ?... on s’en fout c’est pas nous qui ramassons ! Moi irresponsable ? T’as vu ta gueule ?  Tu veux te battre ?

Type 1 : Bonjour madame, nous distribuons des tracts pour promouvoir notre nouvelle école de danse ? Vous voulez pas ? Pourtant ca vous ferait du bien ! Ca y a été sur les chocolats, non ?

Type 2 : Bonjour monsieur, nous distribuons des tracts pour promouvoir notre nouvelle école de danse… Pardon ?... ah mais, les hommes peuvent aussi faire de la danse, sans problème. Mais non, tous les danseurs sont pas homo ! Y en a aussi qui sont des femmes, parfois… bin, monsieur, partez pas…

Type 1 : Bonjour ma petite ! Tu veux faire de la danse ? Tu sais, la danse classique, c’est une bonne base pour tout ! Après on peut tout faire ! Quoi ? Ah… non, pour le foot, pas tout à fait… bon, ben, tant pis hein !

Type 2 : Bonjour madame ! Euh… pardon monsieur !

Type 1 : Bonjour monsieur, nous distribuons des tracts pour promouvoir notre nouvelle école de danse. ( TRES lentement ) O u i ,  d e   l a   d a n s e   c l a s s i q u e ,   d a n s e   d e   s a l o n ,  h i p   h o p ,   d i s c o / Bon si je vous emmerde faut le dire ! Comment ça « non » ? Vous regardiez ailleurs ! Je mets le temps que je veux !

Type 2 : Bonjour, nous distribuons des tracts, mais comme vous avez une tête à pas savoir lire, c’est pas grave.

Type 1 : Bonjour ma petite ! Tu es toute seule ? Va rejoindre ta maman ! Quoi ? non, tu peux pas rester avec moi, moi je travaille là ! Non, non, arrête, lâche moi… non, fout moi la paix ! Lâche moi, lâche moi je te dis ! Non, non, non, stop, arrête de pleure, arrête, non, stop… écoute, stop, arrête, écoute moi, je vais te garder, et ta maman viendra te chercher ici, ok ? Bon, voilà… ça va mieux ? Voilààà… allez, mouche toi maintenant… non, ça c’est mon pantalon… ( Au fur et à mesure, le type 2 se sera rapproché)… non, lâche, non, tu te mouches pas… tu te… TU TE MOUCHES PAS DEDANS ESPECE DE..

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23 octobre 2007

J'ai dû partir

Un homme seul. Il est assis sur une chaise, une valise à ses pieds. Une voix qui semble venir de partout et de nulle part. C’est sa conscience. L'homme:

- J’ai dû partir.

- …Je sais…

- …

- Ce n’est pas bien.

- … je sais. Mais tu sais bien que c’était la seule solution.

- Oui.

- Alors pourquoi tu me dis que c’est mal ?

- Parce que je fais mon boulot de conscience.

- … ma pauvre. Tu n’en as pas marre de faire des reproches à tout le monde ?

-  Je n’en fais pas à tout le monde ! Je suis ta conscience personnelle. Je n’en fais qu’à toi !

- Je suis censé me sentir flatté ?

- Tu sais que comme conscience je suis plutôt tranquille ?

- Ah bon ?

- T’en connais beaucoup des hommes qui tuent sans que leur conscience ne dise rien ?

- Tu m’as fais la morale je te rappelle.

- Oui, fin, c’était vachement limité pour un meurtre !

- Tss… tout de suite les grands mots.

- Tu appelles ça comment toi ?

- Un bienfait envers l’humanité.

- On ne tue pas son frère.

- D’ici à un instant ça ne te regardera plus.

- …

- …

- … tu veux vraiment… ?...

- Oui !

- Pourquoi es-tu parti ?

- Pour avoir la paix.

- Ah, c’est vrai que tu vas l’avoir bientôt.

- Je me passerais de ton cynisme. Je suis grand je fais ce que je veux.

- Tu n’as aucun regret ?

- Qui veux tu que je regrette ?

- Ta femme.

- …

- Alors ?

- … Non, je crois que même elle je ne la regretterais pas.

- Alors, si même elle tu la laisses, je crois que tout es fini.

- Tout va finir.

- Pourquoi es-tu parti ?

- Pour fuir.

- Tu aurais pu le faire là-bas.

- Je sais. Mais j’aime être seul, face à moi-même, avec toi, ma conscience. (Un temps) Au fond, je crois que tu sera celle que je regretterai le plus.

- Merci.

- Bon. Il est l’heure.

(Un temps)

- Au fait, conscience, tu veux savoir pourquoi ?

- … je veux bien oui.

- …  je crois que j’étais jaloux.

- …

- … tu trouves que c’est une mauvaise raison, hein ? Mais tan pis, j’aimais sa femme, je l’ai tué lui.

-  Je crois que tu te retardes.

- Tu me chasses ?

- Non. Je t’aide.

- … Merci !

Un temps. L’homme ouvre sa valise. Il en sort un revolver.

- Adieu conscience.

- Au revoir, mon cher.

Noir. Coup de feu.

fleurdecactus

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