23 octobre 2007

J'ai dû partir

Un homme seul. Il est assis sur une chaise, une valise à ses pieds. Une voix qui semble venir de partout et de nulle part. C’est sa conscience. L'homme:

- J’ai dû partir.

- …Je sais…

- …

- Ce n’est pas bien.

- … je sais. Mais tu sais bien que c’était la seule solution.

- Oui.

- Alors pourquoi tu me dis que c’est mal ?

- Parce que je fais mon boulot de conscience.

- … ma pauvre. Tu n’en as pas marre de faire des reproches à tout le monde ?

-  Je n’en fais pas à tout le monde ! Je suis ta conscience personnelle. Je n’en fais qu’à toi !

- Je suis censé me sentir flatté ?

- Tu sais que comme conscience je suis plutôt tranquille ?

- Ah bon ?

- T’en connais beaucoup des hommes qui tuent sans que leur conscience ne dise rien ?

- Tu m’as fais la morale je te rappelle.

- Oui, fin, c’était vachement limité pour un meurtre !

- Tss… tout de suite les grands mots.

- Tu appelles ça comment toi ?

- Un bienfait envers l’humanité.

- On ne tue pas son frère.

- D’ici à un instant ça ne te regardera plus.

- …

- …

- … tu veux vraiment… ?...

- Oui !

- Pourquoi es-tu parti ?

- Pour avoir la paix.

- Ah, c’est vrai que tu vas l’avoir bientôt.

- Je me passerais de ton cynisme. Je suis grand je fais ce que je veux.

- Tu n’as aucun regret ?

- Qui veux tu que je regrette ?

- Ta femme.

- …

- Alors ?

- … Non, je crois que même elle je ne la regretterais pas.

- Alors, si même elle tu la laisses, je crois que tout es fini.

- Tout va finir.

- Pourquoi es-tu parti ?

- Pour fuir.

- Tu aurais pu le faire là-bas.

- Je sais. Mais j’aime être seul, face à moi-même, avec toi, ma conscience. (Un temps) Au fond, je crois que tu sera celle que je regretterai le plus.

- Merci.

- Bon. Il est l’heure.

(Un temps)

- Au fait, conscience, tu veux savoir pourquoi ?

- … je veux bien oui.

- …  je crois que j’étais jaloux.

- …

- … tu trouves que c’est une mauvaise raison, hein ? Mais tan pis, j’aimais sa femme, je l’ai tué lui.

-  Je crois que tu te retardes.

- Tu me chasses ?

- Non. Je t’aide.

- … Merci !

Un temps. L’homme ouvre sa valise. Il en sort un revolver.

- Adieu conscience.

- Au revoir, mon cher.

Noir. Coup de feu.

fleurdecactus

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